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Notre vision de l’apprentissage

Quelle est la façon idéale d’enseigner à un enfant?

En fait, il y a autant de façons idéales qu’il y a d’enfant. Il y a toutefois 4 dimensions principales qui nous intéressent particulièrement. Elles sont intégrées dans tous les jeux, activités et formations que nous développons. 

1. Les expériences proposées.

2. L’environnement dans lequel se fait l’apprentissage.

3. La culture du groupe.

4. Les qualités de l’enseignante.

Voyons-les plus en détail.

1. Les expériences proposées

L’enseignant propose une série d’activités qui ont pour objectif de capter l’attention, transmettre des connaissances et favoriser les découvertes autonomes. 

Le plaisir

Idéalement, l’enfant doit prendre plaisir aux activités proposés. Puisque les enfants adorent jouer, c’est une bonne stratégie de leur présenter les activités sous la forme d’un jeu. Tout est prétexte au jeu; il s’agit souvent d’adopter une attitude joueuse et d’un peu d’imagination pour que le tour soit… joué! 

Des séquences de jeu courtes

Vous avez peut-être aussi remarqué que les enfants aiment la variété. Ils peuvent s’engager et être pleinement concentré pendant un temps limité. C’est pourquoi il faut leur présenter des séquences de jeu courtes, et changer d’activité avant même qu’ils ne commencent à s’ennuyer. De façon générale, il faut introduire des changements ou du moins des variantes chaque 10 minutes. 

Des modes d’apprentissage variés

Nous connaissons tous les modes d’apprentissage traditionnels employés à l’école. Une enseignant partage ses connaissances devant la classe, les élèves prennent des notes, font des exercices dans un cahier, étudient dans les livres et passent des examens. Ce sont d’excellentes façon d’apprendre qui ont fait leur preuve et qui fonctionnent pour de nombreux élèves. 

Ces modes d’apprentissage ne sont toutefois pas adaptés pour tous. De nombreux enfants ont de la difficulté à maintenir leur attention et leur motivation avec cette façon d’enseigner. Ça crée toutes sortes de problèmes pour les enfants qui sont en situation d’échec ou de difficultés scolaires. C’est aussi une source de frustration pour les enseignants qui ont des classes de plus en plus difficiles à gérer. 

C’est pourquoi il est important d’intégrer d’autres modes d’apprentissage. Ainsi, les enfants stimulent leurs 5 sens, jouent, sont en mouvement et sont pleinement engagés dans les activités proposés. 

Disons que vous voulez faire découvrir l’Australie à un groupe d’enfants. Voici ce que vous pourriez faire : 

  • Créer un lien émotif entre l’enfant et le sujet que vous lui proposez :  Montrez-lui un élément surprenant et impressionnant qui stimule sa curiosité et son goût d’apprendre. Vous pouvez lui faire entendre un didgeridoo, lui mettre un boomerang dans les mains, lui raconter l’histoire des tribus aborigènes… Une charge émotive forte favorise la mémorisation et l’engagement dans l’apprentissage. 

  • Apprentissage collaboratif : Disons que vous leur avez parlé de la faune et de la flore du pays. Vous pouvez ensuite séparer le groupe en deux pour les faire jouer. D’un côté l’équipe des animaux d’Australie, de l’autre celle des végétaux. Chacun reçoit l’image d’une animal ou d’un végétal qu’il doit coller sur le dossard que vous lui avez remit. Les animaux doivent aller « manger » les végétaux qu’ils aiment manger en leur volant leur image. Qu’est-ce qu’il aime manger le kangourou ?

  • La manipulation : Les enfants apprennent bien en touchant. Ça stimule leur cerveau et ça ajoute une dimension concrète à leurs apprentissages. S’ils peuvent lancer un boomerang, c’est le fun. Ça peut aussi être plus simple, comme de modeler en pâte à modeler les reliefs géographiques de la région de Ayers Rock, un lieu sacré pour les aborigènes. 

  • Le ré-enseignement :  Enseigner, c’est une belle façon d’apprendre. C’est drôle à dire, mais ça nous motive à approfondir notre compréhension et ça nous force à trouver la meilleure façon de l’exprimer. Demandez aux enfants de vous enseigner ce qu’ils ont appris. Ça les aidera à consolider leurs connaissances et en bonus, ils développeront leurs talents d’enseignant. 

  • Les démonstrations : Quand c’est possible et pertinent, une démonstration est toujours une bonne façon de capter l’intérêt des enfants. Si vous pouvez jouer du didgeridoo, c’est génial! Il y a toutes sortes de démonstrations simples que vous pouvez faire, en sciences et dans bien d’autres domaines. Elles apportent une dimension concrète et pratique aux apprentissages. 

  • L’expérimentation : Une démonstration, c’est bien. Une expérimentation, c’est encore mieux! Qu’est-ce qui arrive si je mélange de l’eau, de l’huile et du vinaigre? Faites-en l’expérience, nous pourrons en discuter ensuite! Une bonne question, des produits à manipuler et une expérience proposée, ce sont d’excellents ingrédients pour stimuler la découverte! 

  • L’interprétation : Les enfants aiment chanter, danser, mimer, improviser… Jouons à être des aborigènes qui vivent près d’Ayers Rock. Préparons un feu, chassons, communiquons avec une tribu voisine… Ils créent ainsi un lien émotif avec les habitants du pays. L’expérience soulève également toutes sortes de questions. Comment est-ce qu’ils font pour trouver de l’eau? C’est possible d’attraper un kangourou? 

  • Rythmer et mettre en musique : Le rythme et la musique stimulent le cerveau et portent une charge émotive. C’est donc une excellente stratégie à intégrer pour favoriser l’apprentissage. Un exemple simple. Vous séparez la classe en deux. D’un côté les kangourous, de l’autre les dingos (chiens d’Australie). Le kangourou saute les pieds joints, le dingo courre à 4 pattes.  Un groupe tape dans les mains au rythme des pas du kangourou, l’autre au rythme des pas du dingo. Pointez un groupe du doigt, il s’active, cessez de le pointer, il arrête. Ça ouvre ensuite la discussion sur les modes de survie, l’évolution des espèces et bien d’autres sujets qui intéresseront maintenant les enfants.  

  • Dessiner et écrire : Le dessin et l’écriture stimulent différentes zones du cerveau. C’est en combinant les deux que les enfants sont les plus engagés dans l’apprentissage. Les enfants aiment restructurer leurs connaissances à leur manière par de l’art visuel, des mind-maps et d’autres façons créatives d’exprimer leurs connaissances. 

  • Voyages immersifs guidés : « Tu es un kangourou dans le désert de l’Australie. Il fait chaud. Tu sautilles pour aller rejoindre ta maman… ». L’enfant est le héros d’une histoire qui lui est racontée avec des bruitages qui rendent l’expérience immersive. Il mime tous les gestes proposés. En écoutant l’histoire, il sautille, se lève, se couche, etc. Il devient, pour un instant, un kangourou en Australie. Il revient de ce voyage avec une connaissance intime de cette réalité, curieux d’en découvrir plus. Il mobilise aussi ses neurones miroirs, ce qui favorise grandement la mémorisation à long-terme. 

  • Laisser de la place à la créativité  : L’enfant doit avoir des temps libres où il peut s’ennuyer. Il en profitera pour trouver de nouvelles façons de jouer avec ses jouets et les éléments naturels autour de lui. Il se créera des aventures imaginaires dans lesquelles une branche d’arbre se transforme en guitare électrique devant une foule en délire. L’enfant doit aussi faire face à des défis auxquels on ne lui offre pas de solution. C’est en cherchant des solutions qu’il développe à la fois sa créativité et sa capacité d’innover.

  • Stimuler son imagination  : ll y a toutes sortes de façons de stimuler l’imagination d’un enfant.
    • Commencez à lui raconter une histoire inventée, et demandez-lui de la continuer.
    • Lisez-lui une histoire, et demandez-lui d’y ajouter des détails (ambiance, sons, couleurs, autres).
    • Regardez les nuages, et demandez-lui quel animal il voit dans le ciel. Posez-lui ensuite des questions au sujet de cet animal. Quelle est son histoire? Comment se sent-il ? Est-il heureux, triste, fâché, ou une autre émotion peut-être?

Important ! Vous devez avoir l’esprit ouvert et accueillir son imagination telle qu’elle est. C’est ainsi qu’il sera encouragé à explorer et développer son monde imaginaire. 

  • Trouver des réponses à des questions : Lorsqu’un enfant vous pose une question, il est très sain de lui répondre par une autre question.
    • Oû pourrais-tu trouver cette réponse?
    • Lorsque l’enfant demande une réponse, il est très sain de l’habituer à se questionner lui-même en lui posant des questions au lieu de lui donner des réponses. Par exemple on peut lui demander où il pourrait trouver la réponse, à qui il pourrait demander ou comment il pourrait s’informer. Il arrive aussi que vous n’ayez pas la réponse, il est alors bon de l’impliquer dans la recherche de réponse. Vous pouvez alors lui expliquer que vous ne savez pas, mais que vous trouverez la réponse ensemble (jouer au détective.) Puis, devant lui, aller faire des recherches dans un livre ou sur internet. Appelez une tante, un ami qui a un métier ou des connaissances qui lui permettent de vous offrir une réponse valable… Puis, revoyez le processus avec lui.

  • Le jeu et le mouvement : L’enfant doit mobiliser son corps pour manipuler un concept. C’est ainsi que l’abstrait devient tangible. L’expérience passe dans la mémoire à long terme lorsque l’enfant utilise son corps pour manipuler les concepts. En jouant, l’enfant associe aussi des émotions positives à son apprentissage, ce qui facilite la rétention. Le fait d’adapter une activité en y mettant du mouvement et du jeu rend le tout bien plus intéressant! Ainsi, si un exercice consiste à relier dans un cahier une lettre majuscule à sa lettre minuscule, il est possible de présenter exactement le même apprentissage en découpant les lettres minuscules et majuscules, en les mettant sur le sol et en créant une course où les enfants doivent dans un temps limité réunir les cartons le plus vite possible. L’exercice est le même; mais le mouvement et le défi ludique (apporté par une limite de temps, par exemple) rend le tout beaucoup plus stimulant et efficace au niveau de la mémorisation.

  • Travail coopératif : Dans notre société, le fait de pouvoir unir nos forces avec quelqu’un est un apprentissage essentiel. Ainsi de permettre aux enfants de résoudre un problème ou de faire un exercice en équipe leur permet d’apprendre à coopérer. Que ce soit lors de jeux coopératifs ou lors de travaux ménagers, créer des équipes d’enfants qui ont des connaissances et capacités différentes leur permet de comprendre que tout est plus facile en coopérant. Plus ils apprennent cela jeune, plus ce sera ancré en eux. Il est aussi important de varier les dynamiques de coopération en les faisant travailler 2 par 2 ou par 3, 5 ou en plus grand groupe.

2. Un environnement stimulant

Idéalement, l’environnement d’apprentissage doit être:

  • Riche afin de faire des expériences nombreuses et variées, de découvrir le monde et ouvrir des perspectives les plus larges possibles
  • Varié afin de développer la créativité, l’imagination t les 5 sens
  • Serein
  • Sécuritaire
  • Sans stress et reposant
  • Motivant (récompenses biologiques)
  • Activités courtes et rythmées

3. Un accompagnement varié

  • Seul (en autonomie)
  • En groupe animé
  • En groupe libre
  • 1 à 1 (avec un regard bienveillant)

4. L’enfant apprend à vivre en groupe

L’enfant doit apprendre les diverses dimensions de la vie au sein d’un groupe.

  1. Attendre son tour et poser des limites claires
  2. Écouter et verbaliser
  3. Changer de position de perception
  4. Gérer leurs émotions
  5. S’assurer de leur confort physique (maladie, stimuli extérieurs, fatigue…)
  6. Mettre en pratique les acquis

5. Développer l’art d’enseigner et de guider des enfants

Les parents, éducateurs et enseignants apprennent autant que les enfants. Voici quelques dimensions qu’ils ont l’opportunité de développer dans leur quotidien auprès des enfants.

  1. Bâtir une relation de confiance
  2. Établir un cadre clair de travail
  3. Donner envie d’apprendre
  4. Apprendre à écouter
  5. Préparer une compétence (formatter le cerveau)
  6. Évaluer ce qui a été compris (tester les connaissances par le jeu)
  7. Capturer l’attention, amuser et surprendre (parler bas, provocation, stimuler les sens, émotion…)
  8. Créer une ambiance émotive positive et dénudée de stress
  9. Gérer ses propres émotions
  10. Gérer un enfant qui ne suit pas les directives
  11. Motiver (renforcement positif et conséquences
  12. Donner de la rétroaction
  13. Recadrer les comportements problématiques
  14. Observer les dynamiques de groupe et chaque enfant
  15. Introduire graduellement une nouvelle compétence
  16. Activer ses neurones miroir
  17. Développer la mémoire et la concentration de l’enfant (enseigner à apprendre)
  18. Rendre l’information simple, accessible et concrète
  19. Récupérer l’attention du groupe (variation de temps, de ton, de tempo, jeux de mots, images, vidéos, etc.)
  20. Présenter l’information sous forme de jeu et intégrer du mouvement